« L’essence de la démocratie, c’est l’acceptation de la concurrence pacifique. Je ne dis pas que les gens aient tort ou raison de l’accepter. Je dis qu’il n’y a de démocratie que lorsque les individus, les groupes, les classes sociales acceptent les règles de la concurrence et accepte que cette concurrence soit pacifique. Lorsqu’un groupe veut arriver au pouvoir par la violence et pour réaliser des changements qui ne peuvent pas être acceptés pacifiquement par d’autres groupes, on sort de la démocratie et on entre dans la guerre civile ou dans la révolution »
Encore une fois, je ne dis pas qu’il faut toujours rester dans le cadre de la concurrence pacifique. Il est parfaitement possible qu’à certains moments la moins mauvaise solution soit la révolution. Simplement, si on veut penser les choses clairement, il faut comprendre que, la démocratie étant essentiellement la concurrence pacifique pour l’exercice du pouvoir, qui ne veut pas de la paix ou qui ne veut pas de la concurrence sort de la démocratie et entre dans quelque-chose d’autre.
Par conséquent, j’arrive à une conclusion très simple : la vertu essentielle de la démocratie au sens de Montesquieu, ce n’est pas la vertu, c’est l’esprit de compromis. »
Raymond Aron - Introduction à la philosophie politique

GM @babils